Les pesticides ... poison de notre vie
Depuis près d'un demi siècle, l'utilisation de pesticides divers, le plus souvent fruits d'une technologie avancé s'appuyant largement sur la chimie de synthèse, a permis de maintenir ou d'augmenter les rendements agricoles ainsi que de sauver des milliers de vies humaines et animales.
Cependant, la nécessité de toujours produire plus et mieux pour faire face à une consommation sans cesse croissante, liée au désir de satisfaire ce droit à la santé d'une population mondiale toujours plus nombreuse, ont eu pour corollaire une augmentation constante des quantités de produits utilisés.
Si l'on sait que l'arsenal des pesticides utilisés en agriculture est très vaste, les informations concernant leur impact sur les écosystèmes aquatiques sont rares.
Leur cinétique est souvent complexe et les quantités qui après épandage sur les cultures, atteignent réellement un biotope aquatique sont extrêmement variables et dépendent de nombreux facteurs dont les principaux sont d'ordre météorologique ou physico-chimique (biodégradabilité). De même, ce ne sont parfois que les métabolites qui atteignent le milieu aquatique et ces produits de dégradation peuvent selon les cas être plus, ou moins, toxiques que le composé d'origine.
L'accumulation de ces produits se fait lentement dans les organismes par le biais des chaînes trophiques.
Avec l’intensification de l’agriculture, l’utilisation des pesticides a été le principal moyen pour obtenir un résultat rapide avec le maximum d’efficacité pour lutter contre les insectes nuisibles.
La Tunisie est un pays à vocation agricole. Les terres agricoles sont estimées à 4,316 350 millions d’hectares. Vu l’intensification de l’agriculture, l’utilisation des pesticides est le principal moyen pour obtenir un résultat rapide avec le maximum d’efficacité pour lutter contre les insectes nuisibles et les ravageurs de cultures. Les pesticides sont utilisés tant dans le secteur agricole que dans les secteurs de la santé publique.
Depuis quelques années, l’utilisation des produits phytosanitaires est devenue un débat public qui interpelle les scientifiques et les décideurs. Utilise- t-on trop de produits pour protéger et soigner les plantes et les cultures ? Peut-on s’en passer ?.
Des avantages à leur utilisation existent certes dans la protection de la santé, des cultures et des ressources alimentaires avec, il ne faut pas le négliger, un intérêt économique majeur. La situation n’est pas figée et pour exemple le DDT qui a été interdit et ce malgré un conflit d’intérêt évident santé publique / agribusiness.
Des exemples de réduction de l’utilisation des pesticides ont été enregistrés dans certains pays européen comme le Danemark (-67%), la Suède (-64%) ou la Hollande (-43%) en maintenant, et dans certains cas en améliorant, les performances économiques des exploitations agricoles concernées. Des techniques de lutte biologiques sont aussi développées.
En Tunisie, la problématique de l’utilisation des pesticides est d’actualité. En effet, le CITET a organisé le 12 juin 2007 une séminaire sur : « les Pesticides : Impact sur l’Environnement et la Santé ». Les intervenants ont axés leurs propos sur :
- Institutions responsables Législation et Conventions internationales
- Pesticides, Environnement et Agriculture
- Insecticides, Santé Publique et Méthodes alternatives de lutte
- Inventaire des Pesticides Obsolètes, Programme d’Elimination et de Prévention.
- Résultats de quelques études et enquêtes sur les Résidus de Pesticides
- Pesticides et Impact sur la Santé Publique
- Pesticides et Cancers
Concernant les effets des pesticides sur les systèmes aquatiques nous soulignons que :
§ Une contamination des milieux aquatiques naturels à des niveaux supérieurs aux concentrations toxiques pour les organismes aquatiques est parfois observée, notamment pour les insecticides et les herbicides;
§ Le drainage augmente le risque de transfert vers les milieux aquatiques.
§ La situation est vraisemblablement plus préoccupante dans les petits bassins versants et en tête de bassin versant.
§ Tous les groupes taxonomiques peuvent être affectés.
§ Il est extrêmement délicat d'associer la présence de pesticides dans les milieux aquatiques avec des effets car l'exposition des organismes est difficile à évaluer.
§ Il y a de nombreux facteurs confondants, liés notamment aux activités agricoles, qui rendent la mise en évidence de relations de causalité entre présence des pesticides et effets difficile (nutriments, modification des caractéristiques physiques des habitats, autres polluants, etc.).
§ Il y a un déficit très important en terme d'études de terrain convenablement menées.
§ Les informations sur les milieux marins et estuariens sont quasiment inexistantes.
§ Des effets indirects se produisent très certainement (notamment en réponse à la présence d'herbicides et d'insecticides) mais leur fréquence et leur intensité sont inconnues.